S’il y a un mets à ne pas manquer à La Nouvelle-Orléans, c’est le beignet. Tout le monde connaît Café du Monde, avec raison, mais les files d’attente peuvent s’étirer sur tout un pâté de maisons. Mon choix pour une expérience plus tranquille, tout aussi savoureuse, c’est Café Beignet, rue Royal, installé dans une ancienne remise à calèches du 19e siècle, en plein cœur du Quartier français.

Qu’est-ce qu’un beignet, exactement

C’est un peu la réponse néo-orléanaise au beignet québécois classique, mais sans trou au centre. Un carré de pâte frite, moelleux et légèrement dense à l’intérieur, croustillant à l’extérieur, servi brûlant, par portions de trois. Puis vient l’étape qui définit toute l’expérience : une véritable tempête de sucre en poudre déposée sur le dessus, sans aucune retenue.

Pourquoi Café Beignet, rue Royal

L’établissement de la rue Royal est le tout premier, celui qui a lancé l’aventure Café Beignet en 1990. On y retrouve une ambiance de café européen, avec une petite cour intérieure verdoyante cachée derrière le bâtiment principal, ombragée et paisible, une vraie pause loin du bruit de la rue Bourbon à quelques rues de là. On se retrouve entouré d’antiquaires et de galeries d’art plutôt que de bars à daiquiris, ce qui donne un matin beaucoup plus détendu.

Commandez les trois beignets classiques et accompagnez-les d’un café au lait à la chicorée, une tradition locale qui remonte à l’époque coloniale française, quand les réserves de café se faisaient rares et que les habitants ont commencé à y mélanger de la racine de chicorée grillée pour l’étirer. C’est devenu une saveur que La Nouvelle-Orléans n’a jamais abandonnée, même une fois le café redevenu facile à trouver.

L’avertissement sur le sucre en poudre est bien réel

Je n’exagère pas ici. Le sucre ne se contente pas de saupoudrer les beignets, il les ensevelit. Dès la première bouchée, un petit nuage se soulève et retombe sur votre chandail, vos genoux, parfois même vos lunettes de soleil. Évitez le noir pour cette sortie. Prenez quelques serviettes de table et acceptez d’avance que vous aurez l’air d’avoir perdu un combat contre un beignet en poudre. Ça fait partie du rituel, ce n’est pas un accident.

Quelques conseils pratiques

  • Allez-y tôt le matin ou en fin de soirée pour éviter l’attente. L’avant-midi de fin de semaine est particulièrement achalandé.

  • Demandez une table dans la cour intérieure si possible. C’est plus tranquille que les places donnant sur la rue.

  • Si vous voulez du jazz en direct avec vos beignets, l’établissement de la rue Bourbon offre de la musique tous les soirs, une ambiance différente de celle, plus calme, de la rue Royal.

  • Le pourboire en argent comptant est apprécié et courant dans la plupart des cafés du Quartier français.

Les beignets font partie de ces plats qui goûtent encore meilleur dans leur contexte. Chauds, frais sortis de la friteuse, sucre en poudre qui flotte partout, le son lointain d’une trompette quelque part dans la rue. C’est La Nouvelle-Orléans en une seule bouchée, et honnêtement, l’une des choses les plus simples et satisfaisantes à faire lors d’un séjour ici.